Je raconte pas souvent ma vie sur ce blog, car je ne l'ai pas ouvert pour ça. Enfin c'est une autre histoire. Bon hier je voulais faire la vaiselle, normal quoi, de temps en temps faut bien, hein... Hop hop, je passe l'éponge, ça mousse c'est cool, la pile diminue, c'est bien de faire la vaiselle, les résultats sont immédiats. 
Et puis d'un coup, comme ça, out of nowhere, j'entrevois un truc se déplacer sur le mur en face de moi. Mon oeil, titillé par cette vision soudaine, se focalise. Et là, la vision soudaine se métamorphose en vision d'horreur.
berk, je vais gerber c'est un cafard qui se balade sur le carrelage du mur. le salaud, il est sorti d'où? et si un flot de cafards se mettait à sortir du conduit de l'évier?
mes yeux sont fixé sur la carapace brune mais on dirait presque transparente et molle, sur les longues antennes. La bête réagit au moindre souffle. Elle cavale sur le mur, et puis s'immobilise. C'est con un cafard. C'est dégueulasse un cafard. Je commence à paniquer. Hii, un cafard, dans la cuisine, alors que je fais la vaiselle. La vaiselle elle devient propre, et j'ai le comble du dégueulasse juste sous les yeux. J'ai la gerbe. Il faut que je me débarrasse du truc.
J'ai entendu dire que si on écrase un cafard, il pond des oeufs. Si c'est vrai, je sais pas, mais si je l'écrase, le truc si je l'écrabouille, ça va être crade. J'ai la gerbe, il faut que je fasse quelque chose, je peux pas rester là à le regarder et à me dire à quel point c'est crade. Si je peux pas l'écraser, qu'est -ce que je peux faire?
J'ai rien contre les insectes à la base. Si il y a une araignée chez moi, je la fais glisser dans un pot, et je la fous dehors. Pourquoi je la tuerais? Mais le cafard de merde, il réagit trop vite, et si il revenait? J'ai quoi sous la main? Un spray de nettoyant pour la cuisine. Parfait, il me sentira pas venir. Le vaurien réagit peut être au vent, mais il est pas magicien, il peut pas savoir que je m'apprête à le bombarder.
Je pschitte, il secoue les antennes. Je pschitte, il tient bon au mur. Je pschitte encore, et je repschitte. C'est coriace un cafard, bordel, mais c'est dégueulasse, il y a pas moyen qu'il reste dans la cuisine à me faire chier, et à me donner la gerbe. Il dégringole sur la paillasse de l'évier. Il y a déjà de la flotte dans les rainures. Il est sur le dos mais il tient bon. Plus je pschitte et plus il s'agite et plus j'ai l'impression que je vais vraiment finir par vomir. J'ai pas vraiment envie de le tuer, mais c'est un putain de cafard. Et je pschitte comme une tarée, je peux plus m'arrêter, je ne regarde même plus ce que je fais. J'ai le bras tendu et je lui tire dessus, mes balles sont en détergent.
Il est sur le dos, et il a recroquevillé ses pattes. Je lui en rebalance une dose, histoire de, les insectes ça fait le mort pour fuir l'ennemi, c'est bien connu.
Le main gantée évidemment, je l'ai saisi du bout d'un doigt - Avec dégoût bien sûr. Et puis je l'ai déposé dans la poubelle.
Le cafard est l'insecte par excellence qui provoque le dégoût. A force qu'on nous rabâche que c'est crade, et bien on a ça dans le crâne. C'est un très bon exemple de conditionnement. Vous n'avez qu'à faire le test. Imprimez une photo de cafard, et montrez-la un peu autour de vous! Il y a tellement de choses capable de s'ancrer dans nos têtes, avec la persévérance...