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Un tableau d'Henri Regnault

Execution sans jugement sous les rois Maures de Grenade
Execution sans jugement sous les rois Maures de Grenade
J'ai enfin retrouvé ce tableau impressionant par lequel j'aurais voulu commencer cette rubrique. Car cette image signifie quelque chose pour moi. Je ne la trouve pas particulièrement belle, mais elle me rappelle des émotions qui remontent loin, loin...
Quand nous étions hauts comme trois pommes avec mon frère, ma mère nous emmenait faire des ballades dans Paris, ses parcs, ses musées, et j'en toujours des paillettes plein les yeux. Nous allions souvent au musée d'Orsay, et mon peintre préféré était alors Monet. Nous ne visitions pas le musée de fond en comble à chaque visite, et pourtant il y avait une étape obligatoire, sans laquelle mon frère et moi ne voulions quitter le musée. Il fallait que nous allions devant cette toile, nous arrêter et contempler. Nos têtes se sont un jour trouvées à la hauteur de celle du décapité, nous étions petits. Nous levions les yeux et voyiions cet homme le bras levé, l'épée à la main. Une image violente, certes, mais qui nous fascinait, je ne sais pourquoi. Peut être justement car elle faisait plus que d'autres naître un sentiment en nous, quel qu'il soit (peur, dégoût, admiration?...)
Depuis, je sais que ce tableau a une histoire, une légende de l'Alhambra de Grenade, là où la scène se déroule:
Légende de la Salle des Abencerrajes
Les Abencerrajes sont une famille de la noblesse musulmane qui habitait à l’intèrieur de l’Alhambra. La légende raconte que la famille avait des rivaux politiques, les Zenetes. Ceux-ci décidèrent de tuer leurs opposants grâce à une conspiration. Ils inventèrent une relation amoureuse entre la sultane et un Abencerrajes pour éveiller la colère du Sultan. Celui-ci, consterné, organisa une fete en l’honneur de la famille et fit décapiter dans la salle qui porte auourd’hui leur nom les 37 hommes de la famille. On raconte que la couleur rougeâtre de la pierre de la fontaine vient du sang des Abencerrajes.

Et malheureusement pour le peintre, il n'a pas représenté la bonne salle... mais cela n'affecte en rien l'impact visuel. Voilà, je n'ai moi même jamais été à Grenade, et si j'y allais, ce ne serait probablement pas à cause de Regnault. J'ai trouvé la légende sur le site d'une agence de voyage.
Et ici une étude sur le tableau (seulement en anglais pour le moment).
Maintenant, vous savez tout. Et comment vous fait-il réagir, vous, ce tableau ?

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C'est Arrivé Près de Chez Vous

Voilà une de mes tirades préférées du film, où le fou s'exprime sur l'architecture. Vraiment que du bon. A ne pas prendre au pied de la lettre. (genre les logements sociaux sociaux de plein pied, c'est pas vraiment possible, rapport au nombre de logements nécessaires et de la place disponible...)
C'est arrivé près de chez vous

"Tu vois, ici on est dans un quartier à majorité de vieilles personnes. C'est-à-dire que les urbanistes conçoivent des logements dits «sociaux». Hein. C'est-à-dire, des logements faits pour les jeunes, pour les jeunes couples qui démarrent, hein, pour les ouvriers, pour les ménagères, mais aussi peut-être pour les chômeurs, hein. Tout ceci dans le plan d’une restructuration des plans de secteurs visant à vaincre la solitude du troisième âge en l’intégrant à la population active. C’est une chouette idée. Mais là où je ne suis pas d’accord, et c’est là qu’est la faille, c’est : comment peut-on concevoir des habitations sociales sans la moindre recherche esthétique ?! Ca, ça n’est pas possible, hein ?! Je suis désolé, allez ! Hein ! Bon, ils avaient pensé à installer des cerisiers du Japon tout le long des allées. Tu vois, un peu dans le style cité balnéaire anglaise. C’était une riche idée. Est-ce que tu crois qu’ils l’ont fait ?! Est-ce que tu crois qu’ils l’ont fait ? (Non). Si, si, ils l‘ont fait et c’était pas mal parti, mais ils se sont arrêté là ! Et c’est ça qu’est dommage. Hein, tu vois, c’était d’la poudre aux yeux. Ils ont jeté de la poudre aux yeux, et les gens, ils ont dit oui, mais non ! Moi j’ai été observateur, j’ai remarqué qu’on s’était arrêté à un moment, et c’est ça qu’est dommage. Regarde ! Qu’est-ce qui te saute la première fois que tu vois ça ? La première chose qui te saute aux yeux !? Les briques ? C’est les briques rouges ? (Ouai). Et le rouge, c’est la couleur de quoi ? Le rouge, c’est la couleur du sang. Le rouge c’est la couleur des Indiens. C’est la couleur de la violence ! Hein. Alors que le fléau de notre société, et tout le monde s’accorde à le dire, est la violence, ils vont te foutre des briques rouges ! Mais, le rouge, c’est aussi la couleur du vin, mon vieux. Vin, qui dit vin dit pot-de-vin ! (Ouai). Parce que tout ça, c’est magouilles et compagnie. C’est politico -euh- je ne sais pas trop quoi, mais tu vois, ça, c’est histoires de fric. Et ça, ça me désole."
"Attention ! Tu vas n’importe où avec ta caméra."
"Les gens, ils aimeraient pouvoir s’arrêter et dire : « tiens, quel beau parterre ! », « quelle magnifique asymétrie ! » et « oh, quelle belle tonalité de brique ! ». Mais on ne leur en donne pas l’occasion non plus ! Alors ils préfèrent rester devant leur téléviseur, et c’est dommage."
"Moi, personnellement, si j’avais dû concevoir ce genre de chose, j’aurai vu une habitation, tu vois, de plein pied. Avec de grands parterres, très aéré, un peu à la Frank Lloyd. Typiquement dans l’esprit des habitations japonaises. Parce que tu vois ces gens-là, malgré tous leurs défauts, avaient compris beaucoup de choses. Hein."
"Parce que tu sais, privilégier l’esthétique, c’est une chose. Privilégier le fonctionnel, c’en est une autre. Et ces gens-là ont trop privilégié le fonctionnel, ce que ne faisaient pas des gens comme Gaudi, qui faisait cette architecture magnifique, tu sais, cette architecture organique, tu vois, qui semblait partir dans ces eaux. Ou même des gens comme Emile Horta qui ont fait des choses magnifiques, hein ! Et ces coups de fouet."


Je suis sûre que de cet extrait, on pourrait faire une véritable étude. Dans quel monde vit Ben? Quel homme est-il? cf.'moi personnellement' et ses références architecturales etc...) Enfin, des revues sur les sites suivants :

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Les chants de Maldoror

Je me lance sinon cette rubrique risquerait de mourir avant d'avoir à peine commencé. Déjà pas facile de trouver par quoi commencer, il fallait juste que ce soit le bon moment, celui où on ne se force même pas, et où l'évidence vient à vous. Je voulais commencer par un tableau super impressionnant, mais malheureusement le nom de son auteur m'échappe complètement, donc pas moyen de trouver une reproduction.
Alors voilà, l'éclair numéro 2 a porté sur Les chants de Maldoror, un livre bien étrange, sombre, limite incompréhensible, mais c'est justement là tout son charme. On peut le lire d'une traite, mais en aucun cas il ne faut s'y sentir obligé. Le temps peut être propice à la reflexion, et il en faut!! Son auteur: Isidor Ducasse, Comte de Lautréamont.
Je ne vous en dis pas plus, et vous livre un extrait, la première strophe du premier chant:

Les chants de Maldoror

Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu’il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison ; car, à moins qu’il n’apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d’esprit égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ce livre imbiberont son âme comme l’eau le sucre. Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant. Écoute bien ce que je te dis : dirige tes talons en arrière et non en avant, comme les yeux d’un fils qui se détourne respectueusement de la contemplation auguste de la face maternelle ; ou, plutôt, comme un angle à perte de vue de grues frileuses méditant beaucoup, qui, pendant l’hiver, vole puissamment à travers le silence, toutes voiles tendues, vers un point déterminé de l’horizon, d’où tout à coup part un vent étrange et fort, précurseur de la tempête. La grue la plus vieille et qui forme à elle seule l’avant-garde, voyant cela, branle la tête comme une personne raisonnable, conséquemment son bec aussi qu’elle fait claquer, et n’est pas contente (moi, non plus, je ne le serais pas à sa place), tandis que son vieux cou, dégarni de plumes et contemporain de trois générations de grues, se remue en ondulations irritées qui présagent l’orage qui s’approche de plus en plus. Après avoir de sang-froid regardé plusieurs fois de tous les côtés avec des yeux qui renferment l’expérience, prudemment, la première (car, c’est elle qui a le privilége de montrer les plumes de sa queue aux autres grues inférieures en intelligence), avec son cri vigilant de mélancolique sentinelle, pour repousser l’ennemi commun, elle vire avec flexibilité la pointe de la figure géométrique (c’est peut-être un triangle, mais on ne voit pas le troisième côté que forment dans l’espace ces curieux oiseaux de passage), soit à bâbord, soit à tribord, comme un habile capitaine ; et, manœuvrant avec des ailes qui ne paraissent pas plus grandes que celles d’un moineau, parce qu’elle n’est pas bête, elle prend ainsi un autre chemin philosophique et plus sûr.



Il existe un groupe de recherche qui publie sur le web le livre complet, voici leur site: Centre de recherches Hubert de Phalèse
Perso, j'apprécie beaucoup la 6ème strophe du chant 1 (que vous pouvez lire à l'adresse ci-dessus), pas que j'adhère, mais ça m'hypnotise malgré moi.
Enfin quelques références au Comte:
  1. Les écorchés_Noir Désir: .../Allez enfouis-moi, passe-moi par dessus tous les bords. Mais reste encore un peu après que même la fin soit terminée. Moi j'ai pas allumé la mèche. C'est Lautréamont qui me presse dans les déserts là ou il prêche, où devant rien on donne la messe pour les écorchés. Serre-moi encore. Étouffe-moi si tu peux. Toi qui sais où, après une subtile esquisse, on a enfoncé les vis... Nous les écorchés vifs, on en a des sévices./...

  2. Les dingues et les paumés_H.F.Thiéfaine: .../Les dingues et les paumés s'arrachent leur placenta et se greffent un pavé à la place du cerveau, puis s'offrent des mygales au bout d'un bazooka en se faisant danser jusqu'au dernier mambo. Ce sont des loups frileux au bras d'une autre mort, piétinant dans la boue les dernières fleurs du mal. Ils ont cru s'enivrer des chants de Maldoror. Et maintenant, ils s'écroulent dans leur ombre animale./...

  3. Un extrait des Chants en tête du chapitre 8 du livre de Marilyn Manson, en VO, To all the people who didn't die: Maldoror was virtuous during its first years, virtuous and happy. Later he became aware that he was born evil. Strange fatality! He concealed his character as best he could for many years; but in the end, because such concentration was unusual to him, everyday the blood would mount to his head until the strain reached a point where he could no longer bear to live such a life and he gave himself over resolutely to a career of evil...sweet atmosphere! Who could have realized that whenever he embraced a young child with rosy cheeks he longed to slice off those cheeks with a razor, and he would have done it many times had he not been restrained by the thought of justice with his long funeral procession of punishements.

Voilà. Si ça vous évoque quelque chose, n'hésitez pas!

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Pourquoi une rubrique Panthéon...

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La rubrique panthéon pour présenter des artistes de tous poils. Qu'ils aient été acteur, chanteur, musicien... Mais aussi des personnes qui font partie de mes références tout simplement. Sans arrogance aucune, mais juste parce qu'il me semble que tout ce que nous lisons, voyons, écoutons etc. nous forme, et contribue à faire de chacun de nous ce qu'il est.

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